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Le gaspillage

Publié dans Développement durable.

Une étude vient de montrer que près de 50% des 4 milliards de tonnes de nourriture produites chaque année dans le monde, n'étaient pas consommées et étaient jetées. Cela est emblématique d'une société qui n'a plus le sens de ce qu'est le gaspillage.
Auparavant, les consommateurs avaient une notion de la « vraie » valeur des choses.

 C'était encore plus vrai pour les "micro" consommateurs des pays que l'on qualifiait alors de "sous développés" qui ne pouvaient accéder à ces objets de consommations avec leurs micro salaires.

Aujourd'hui, à une époque où les pays sous développés sont réellement devenus des pays en développement, voire des pays émergents, lorsque ce ne sont pas de super puissance (Chine, Inde, Brésil...), des milliards de personnes sont entrées dans l'ère de l'abondance et souvent de la surabondance. Leles objets sont fabriqués à l'autre bout de la planète dans des pays où ceux qui les fabriquent ont des niveaux de salaires incomparables aux nôtres.

En dépit de la "crise", les objets courants restent bon marché et il est, donc, facile d'oublier leur véritable valeur.

Une télévision ou une paire de blue jeans valent aujourd'hui, dix fois moins en dollars constants qu'une télévision dans les années 1980. Entre 1990 et 2010, en Europe, le prix d'une petite voiture n'a augmenté que de 20%, tandis que les salaires et le litre d'essence étaient multipliés par deux.

Dans les pays en développement, les produits de consommation autrefois inaccessibles à la population ont vu leurs prix relatifs s'écrouler à mesure que le niveau moyen des rémunérations était multipliés par 5 ou par 10 quand, dans le même temps, le prix des objets de consommation jadis fabriqués en Europe ou aux Etats Unis diminuait à mesure que c'était la Chine avec ses bas salaires qui en récupérait la fabrication. Seul l'immobilier voit ses prix progresser partout dans le monde au rythme des rémunérations.

Tous ces bouleversements ont contribué à faire perdre leurs repères, qui ne connaissent plus la véritable valeur des choses. D'où les gaspillages auxquels nous assistons de plus en plus: dans les avions, on jette les plateaux repas en plastique, à la maison, nous jetons jusqu'à un quart de la nourriture que nous achetons. Et que dire des projets « éléphants blancs »(*) dans le monde professionnel ? Dans mon domaine, combien ai-je vu de projets titanesques dont l'échec aurait pu être prévu dés le départ si une étude de faisabilité sérieuse avait été réalisée ? Ces éléphants blancs engloutissent une énergie irrécupérable.

Ces nouveaux comportements laissent une impression d'immense gâchis et appellent à une réaction surtout à une époque où nous savons avec certitude que nous consommons les ressources de notre planète à un rythme incompatible avec sa capacité à se régénérer.

Il est important de réagir et de développer des démarches empreintes d'austérité dans la vie courante comme dans le monde professionnel.

(*) Un éléphant blanc est un projet pharaonique, d'origine souvent publique, qui se solde par un échec financier et/ou industriel et dont l'exploitation ou l'entretien devient un fardeau financier.

Liban

Hassan Hachem